Visite du village de Dorres

Dorres, le village des tailleurs de pierre On ne peut pas quitter les bains sans faire quelques pas dans le village de Dorres qui se trouve à une altitude de 1458 m.
La place est largement ouverte sur le panorama de la chaîne des montagnes qui fait frontière avec l’Espagne. Les rues étroites qui convergent vers la place sont enserrées entre des bâtisses anciennes : fermes construites avec des pierres en granit extraites de la montagne.
Souvent, un portail monumental assez haut pour laisser passer une volumineuse charrette de foin donne accès à une cour clôturée par la maison d’habitation, la grange et de grands murs. La date de rénovation de la ferme et le nom des occupants sont souvent sculptés sur le linteau. Ces inscriptions sont généralement agrémentées de signes décoratifs : soleil, lune, croix, étoile
La place est dominée par l’église Saint Jean du XIIe siècle. Dans le clocher "mur", la plus petite des cloches, suspendue au faîte du clocher, provient du sanctuaire de Notre-dame de Belloch, visible depuis le village. Avant de franchir le seuil de l’église, il faut passer sur de vieilles dalles funéraires provenant de l’ancien cimetière qui se trouvait sur la terrasse. La porte d’entrée est flanquée des poids en granit de l’ancien mécanisme de l’horloge.
Sur les murs, quelques haches de pierre polie du néolithiques ont été scellées par des crochets en fer.
L’église renferme trois retables baroques et, dans le camaril, une vierge noire, du XIe siècle et un retable gothique qui proviennent de la chappelle de Belloc. Présentes dans plusieurs églises de Cerdagne, les vierges noires pourraient être des évocations des déesses mères de l’antiquité. Elles les auraient remplacées dans le cœur des ancêtres lors de la christianisation de la Cerdagne. On les rencontre surtout dans les pays d’influence gréco-romaine.
On s’émeut en contemplant la vierge noire de Dorres dans son camaril avec à sa droite Saint Sébastien à sa gauche Saint Isidore. Le bois noirci et poli se serait-il imprégné de la ferveur des fidèles, de leur adoration, de leurs suppliques ? En ces temps reculés et hostiles ils devaient faire face à la maladie, aux guerres ou aux aléas climatiques (grêle, sécheresse) qui compromettaient les récoltes.
En face de la mairie, un beau lavoir couvert, construit en blocs de granit, est alimenté par trois petites sources d’eaux thermales, tièdes et sulfureuses. Cette eau présente le double avantage de guérir bon nombre d’affections de la peau et de donner blancheur et moelleux au linge qu’on y lave.
Sur la place de l'église, quatre abreuvoirs anciens taillés dans des blocs de granit, témoins de l’activité ancestrale d’élevage, sont maintenant des miroirs pour les lavandes qui les couronnent.
Partant de la place, plusieurs rues permettent de suivre l’itinéraire de découverte des maisons des tailleurs de pierre (voir l’histoire des tailleurs de pierre).
Tout droit à partir de l’église une rue monte vers la chapelle de Mageta. Elle se transforme en chemin : celui qu’empruntaient jadis les troupeaux pour rejoindre les alpages. Le chemin longe un ruisseau jusqu’au col de Jouell (de là, sentier vers la chapelle de Belloc). Une autre rue descend vers le chemin qui mène également à la chapelle de Belloc par le côté Sud.
Haut de pageRevenir en haut de la page

Bibliographie

La Cerdagne française,, Emmanuel Brousse - Lacour Rediviva
Les Pyrénées Orientales, Michel Demelin et Jean Reynal – Privat
Haut de pageRevenir en haut de la page