La Cerdagne, résumé d'histoire

Le plateau de Cerdagne est bordé de sommets

Situation géographique

Sur les hauteurs des Pyrénées-Orientales, la Cerdagne est un vaste plateau bordé au nord par la chaîne du du Carlit (2921 m), au sud par celle Puigmal (2910 m). Elle communique à l'est vers la mer Méditerranée par la vallée de la Têt qui prend sa source au flanc du Carlit, à l'ouest vers la Seu d'Urgell (Espagne) et l'Andorre par la vallée du Sègre qui prend sa source au Puigmal de Sègre au dessus de Llo.
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La préhistoire

Dès le IVe millénaire avant J.C., apparaissent les vestiges des premières occupations néolithiques avec des habitats temporaires à Eyne ou permanents à Llo et Villeneuve des Escaldes. Très modestes jusqu'au milieu du IIIe millénaire, elles se développent ensuite rapidement sur tout le territoire. Le Chalcolithique (2500 avant J.C.) mais surtout l'Age du Bronze (1900/800 avant J.C.) connaissent une explosion démographique et la culture matérielle de ces populations pastorales manifeste d'une personnalité propre, avec une intégration d'éléments d'influences extérieures. Haut de pageRevenir en haut de la page

Les Ibères

Les Ibères feront leur timide apparition vers la fin du IIIe siècle avant J.C. Ils laisseront sur notre territoire une quantité importante d'inscriptions ibériques (dont l'écriture n'est toujours pas traduite) mais dont on retrouve les sonorités dans les noms de nos villages : Dorres, Ur, Rô, Err, Llo, Hix, Alp, Guils, Urtx, Das, Ger... L'implantation des Romains, en particulier avec la création de Llivia capitale de la Ceretania en 40 avant J.C., modifiera sensiblement les modes de vie des Cerdans, notamment en déplaçant l'habitat en basse Cerdagne, ce qui amorce le paysage actuel. Depuis Dorres on aperçoit Llivia (enclave espagnole) où la plus ancienne pharmacie d’Europe (XVIe) héberge un musée qui expose les vestiges de l’occupation romaine trouvés à proximité.
Sous l’administration romaine, la Cerdagne était déjà un pays d’élevage qui exportait via les ports de Collioure et de Port-Vendres ; les Romains étaient très friands du jambon de Cerdagne qui était exporté jusqu'à Rome.
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Les sources chaudes pyrénéennes

Elles étaient connues à Rome sous Pline l’Ancien. Si l'existence de thermes aux Escaldes ne fait pas de doute, on n’a pas de preuve concernant l’exploitation de bains romains à Dorres.
Au Ve siècle, la Cerdagne fait partie de la Tarraconaise (Hispania Tarraconensis). Cette province romaine couvrait le nord et l’est de l’Espagne, elle correspondait à peu près à la Catalogne, l’Aragon, les Asturies.
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Les Wisigoths, les Arabes, les Francs

Puis vinrent les Wisigoths, et à partir de 711 les Arabes, qui traversèrent la Cerdagne à plusieurs reprises en la pillant. En 739, Pépin le Bref repousse les Arabes de l’autre côté des Pyrénées.
En 795, Charlemagne crée la Marche d’Espagne, rempart contre les attaques provenant du Sud. En 872, pendant le règne de Charles le Chauve, le comte Guifred le Velu prend son indépendance, profitant du système féodal qui s’installe. Il s'en suivit une période de paix relative, propice à la prospérité.
En 877, le roi franc met en place le droit à l’hérédité.
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Guifred le Velu (Guifré el Pelos) les dynasties catalanes

Les comtes étaient nommés par le roi. En 878, lors du concile de Troyes, Guifred le Velu (Guifré el Pelos) devient comte de Barcelone, Cerdagne, Urgell. A partir de cette date, la transmission se fait par hérédité, c’est donc le début des dynasties catalanes, jusqu’en 1116 pour la Cerdagne.
Dorres dépendait de l’évêché d’Urgell jusqu’en 1117 où la maison de Cerdagne passe sous la domination du comte de Barcelone, Raymond Béranger III, puis en 1162, sous celle d’Alfonse 1er fils de Raymond Béranger III, quand celui-ci devient roi d’Aragon.
La Cerdagne passe ensuite sous domination castillane en 1412 (compromis de Caspe) : Ferdinand d’Antequerra succède au dernier roi catalan mort sans héritier.
Voir la carte des comtés.
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La période française

Une période beaucoup moins faste commence après le traité de Bayonne en 1462. C’est Louis XI qui prend possession par la force du Roussillon et de la Cerdagne grâce au non remboursement d’un prêt hypothécaire de 300 000 écus.
Entre 1570 et 1620 le banditisme entretenait des « guerres privées » entre deux clans : les « Nyerros » et les « Cadells » (originaires du Conflent et de la Cerdagne) qui avaient chacun leurs partisans.
Les guerres de religion dans les contrées voisines du comté de Foix et du Languedoc interféraient également. L’envahisseur, venu du nord, sema à plusieurs reprises la terreur en Cerdagne. Dans cette société agitée, dominée par les bandes rivales, on commença à pratiquer la contrebande.
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Le traité des Pyrénées

Il fut signé en 1659. Il partagea la Cerdagne en deux après un long conflit qui durait depuis 1635 et rattache à la France la province du Roussillon dont une partie du comté de Cerdagne avec seulement 33 villages. Cela va engendrer la création de l'enclave de Llivia. Don Luis de Haro, ministre de Felipe IV va argumenter sur son statut antique de municipe (ville) pour que Llivia reste espagnole ! Les troubles et l’insécurité durèrent jusqu’à la fin de la guerre de succession d’Espagne (1714) et même quelques années au delà.
Jusqu’en 1793, une période de paix en Cerdagne favorisa les échanges commerciaux et une contrebande prospère.
Grâce aux investissements qui furent alors possibles, l’agriculture se transforma, se modernisa. Les grandes fermes portant sur les linteaux des portes le millésime des rénovations sont les témoins de l’amélioration des conditions de vie. C’est également à cette période que l’art baroque orna les églises romanes de Cerdagne de ses retables dus aux meilleurs artistes catalans de l’époque, comme Sunyer qui a réalisé le très beau camaril de l'église de l'Hermitage de Font-Romeu.
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La période des guerres

La révolution, la guerre de l’empire (1808) et la guerre civile espagnole (1936-1939) développèrent la contrebande.
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Les grands travaux

Ensuite, c’est la période des grands travaux : route dans les années 1850 - 1880, chemin de fer entre 1910 et 1927… C’est dans ce contexte que commence l’histoire des tailleurs de pierre à Dorres.
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Bibliographie

El poblament dela Cerdanya des dels origens fins a l'ocupaciò romana,Ceretania 1 - 1991, article de Pierre Campmajo
Pour la toponymie : Toponymie historique de Catalunya nord (Terra Nostra, 1990), Louís Bassède.
Les Pyrénées Orientales, Michel Demelin et Jean Reynal – Privat
La voie domicienne, bulletin littéraire de “La poste Languedoc-Roussillon”, numéro spécial « Roussillon » 1998.
Dorres, granit et eau, Lucette Martinaggi-Germa, Les Presses Littéraires
L'église de Sainte-Léocadie : le mobilier d'une église cerdane après le Concile de Trente, Jean-Louis Blanchon (Ceretania 3 - 2001)
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